Degas a réalisé de nombreuses sculptures, mais La Petite Danseuse de quatorze ans est la seule qu'il ait exposée au public de son vivant. Ses débuts en 1881 ont marqué l'un des moments les plus controversés de sa carrière.
Réalisée par Edgar Degas entre 1878 et 1881, La Petite Danseuse de quatorze ans mesure un peu moins d’un mètre, mais elle a bouleversé l’histoire de la sculpture moderne. Sa posture tendue, son menton baissé, son modelage en cire et son véritable tutu ont transformé cette élève de danse classique parisienne en une étude saisissante de la discipline, de la jeunesse et du regard de la société. La visite au musée d’Orsay est encore plus enrichissante si vous optez pour une entrée réservée ou une visite guidée qui replace l’univers du ballet de Degas dans son contexte.
Vous le trouverez dans les salles consacrées aux impressionnistes, au 5e étage du musée d'Orsay à Paris.
L'entrée est comprise dans le billet standard du musée d'Orsay ; aucun billet supplémentaire n'est nécessaire.
La sculpture de Degas prend une tout autre dimension quand on comprend pourquoi elle a choqué le public de 1881. Les billets d'accès prioritaire au musée d'Orsay avec audioguide, la visite guidée sans file d'attente du musée d'Orsay, ainsi que la visite guidée des chefs-d’œuvre impressionnistes du musée d’Orsay apportent toutes des informations utiles sur Degas, la culture du ballet et les salles impressionnistes situées à proximité.
Commencez à quelques mètres de distance afin que la sculpture apparaisse comme une seule ligne verticale : poitrine bombée, bras tendus, pieds bien ancrés au sol et cou tendu. Cette première vue de loin donne à la raideur de la danseuse un aspect presque architectural, avant que l’on ne s’approche davantage de son visage et de son costume.
La vue de profil accentue la tension de l'œuvre. Sous cet angle, le menton en avant, les épaules en arrière et le léger basculement du bassin confèrent à la silhouette un aspect moins ornemental et plus rigoureux, voire fatigué.
Ce n'est pas une ballerine aux lignes fluides et idéalisée. Remarquez le contraste entre le corps en bronze et les éléments authentiques du costume — tutu, ruban et chaussons —, car c’est précisément cette confrontation entre l’objet d’art et les matériaux du quotidien qui était au cœur de l’effet de choc produit par la sculpture.
Le niveau 5 est le plus fréquenté de la fin de la matinée jusqu'au milieu de l'après-midi, lorsque les visiteurs se pressent devant les œuvres de Degas, Monet et Van Gogh. Pour profiter d'une ambiance plus calme, venez dès l'ouverture ou profitez des heures d'ouverture du musée le jeudi soir ; évitez le premier dimanche du mois si vous souhaitez avoir plus d'espace autour de la sculpture.
Après la sculpture, poursuivez votre visite parmi les peintures et les pastels de Degas exposés dans les galeries impressionnistes. Le fait de voir ses danseurs représentés sur papier et sur toile à partir de la sculpture permet de comprendre comment il a su traduire ses observations faites en salle de répétition en volume, en posture et en effort physique.
Degas a réalisé de nombreuses sculptures, mais La Petite Danseuse de quatorze ans est la seule qu'il ait exposée au public de son vivant. Ses débuts en 1881 ont marqué l'un des moments les plus controversés de sa carrière.
Le modèle était Marie van Goethem, une adolescente élève de danse classique liée à l'Opéra de Paris. Degas n'a pas choisi une figure mythologique idéalisée, mais une jeune fille issue de la classe ouvrière du Paris moderne.
À l'origine, Degas avait modelé cette œuvre en cire, un matériau généralement associé à des essais en atelier, et non à des chefs-d'œuvre achevés. Ce choix a donné à la sculpture un aspect brut, immédiat et d'un réalisme troublant.
Il a ajouté un véritable corsage, un tutu, un ruban, des chaussons et des cheveux naturels. Ces matériaux ont estompé la frontière entre la sculpture et le corps vivant d'une manière que la plupart des spectateurs du XIXe siècle n'avaient jamais vue auparavant.
De nombreux critiques de l'époque ont décrit cette sculpture en des termes sévères, voire cruels, interprétant la danseuse à travers le prisme des préjugés de classe de l'époque. Cette étude a mis en évidence la rapidité avec laquelle les spectateurs jugeaient les jeunes artistes féminines en fonction de leur apparence et de leur statut social.
La sculpture que vous voyez à Paris est un moulage en bronze réalisé après la mort de Degas. Le modèle en cire original a été conservé dans son atelier et est aujourd'hui conservé séparément.
Après la mort de Degas en 1917, la fonderie Hébrard a réalisé des moulages en bronze à partir du modèle original. Ces moulages ont permis à l'œuvre d'être exposée dans les plus grands musées du monde entier et ont contribué à asseoir sa réputation contemporaine.
Ce qui semblait autrefois choquant ou déplacé est aujourd’hui reconnu comme de l’art moderne radical. Ce même réalisme qui avait choqué les critiques en 1881 est l’une des raisons pour lesquelles cette sculpture semble si actuelle aujourd’hui.
Degas s'est inspiré de Marie van Goethem, une jeune élève de danse classique liée à l'Opéra de Paris, pour créer ce personnage. Ce choix avait son importance : il ne sculptait pas une muse allégorique, mais une véritable travailleuse façonnée par la formation, la hiérarchie et le regard critique. À la fin du XIXe siècle, à Paris, les élèves de danse classique occupaient une place sociale délicate : admirées sur scène, elles étaient jugées en dehors. La sculpture dégage cette tension dès le début.
Entre 1878 et 1881 environ, Degas a modelé la figure en cire sur une armature et l'a habillée avec de véritables tissus. Au lieu de lisser la surface pour lui donner une perfection classique, il a conservé au modelé son caractère vivant et irrégulier. Le costume et la coiffure donnaient à la danseuse un aspect presque documentaire, comme si l'observation était sortie tout droit d'une page. C'était un choix audacieux de la part d'un artiste plutôt connu pour ses pastels et ses peintures.
Lorsque Degas présenta cette sculpture lors de la sixième exposition des Impressionnistes en 1881, de nombreux critiques furent déconcertés plutôt qu’impressionnés. Certains se sont moins intéressés au caractère novateur de l’œuvre qu’au visage, à la posture et aux signes distinctifs de la classe sociale de la jeune fille, interprétant ce personnage à la lumière des inquiétudes contemporaines concernant la moralité et la vie urbaine. D'autres ne pouvaient accepter que la cire, le tissu et les cheveux humains constituent le langage d'une sculpture sérieuse. C'est cette polémique qui a rendu cette œuvre inoubliable.
Degas n'a pas réalisé de moulage en bronze de cette sculpture de son vivant. Après sa mort, le modèle original a été retrouvé dans son atelier, et ses héritiers ont autorisé la réalisation de moulages en bronze qui ont permis de préserver la forme de l'œuvre tout en facilitant son exposition et son étude. Cette transformation a modifié la présence matérielle de l'œuvre, mais elle a également assuré sa survie. Le moulage exposé au musée d’Orsay s’inscrit dans cette histoire posthume.
Au fil du temps, les critiques et les historiens ont cessé de juger cette sculpture à l'aune des préjugés sociaux de 1881 et ont commencé à en apprécier l'audace formelle. Aujourd'hui, on la considère comme une œuvre révolutionnaire de la sculpture moderne : d'une grande finesse psychologique, audacieuse sur le plan des matériaux et dépourvue de sentimentalisme quant à la jeunesse, au travail et aux aspirations. Cela a également modifié la façon dont les spectateurs perçoivent Degas lui-même, en démontrant que son univers du ballet allait bien au-delà de la douceur des pastels. À Paris, cette œuvre n'est plus considérée comme une curiosité, mais comme l'une des pièces maîtresses du musée.
Edgar Degas (1834-1917) était un artiste français associé au mouvement impressionniste, bien qu'il eût préféré le travail en atelier, la structure et le dessin précis à la spontanéité de la peinture en plein air. Pour La petite danseuse de quatorze ans, il a transposé à la sculpture le même regard d'une observation implacable que l'on retrouve dans ses tableaux de ballet, modelant dans la cire une jeune élève de l'Opéra de Paris et l'associant à du tissu véritable, des rubans, des chaussons et des cheveux naturels. Cette œuvre est le fruit de plusieurs décennies d'étude des salles de répétition, du travail en coulisses et des gestes fugaces, thèmes qui animent également La classe de danse, La répétition, ainsi que bon nombre de ses pastels représentant des danseurs au repos. Pourtant, cette sculpture va au-delà de ces images : elle donne une dimension tangible à la tension, à la discipline, à la classe sociale et à l'adolescence. Les expérimentations de Degas dans les domaines de la peinture, du pastel, de la gravure et de la sculpture ont redéfini l’art moderne en démontrant que les gestes du quotidien pouvaient receler une force psychologique profonde ; cette œuvre reste l’une de ses contributions les plus audacieuses à l’art français du XIXe siècle.






Degas n'a pas représenté une héroïne de scène souriante ni une artiste triomphante. Le torse bombé, les bras tendus et la tête légèrement penchée vers l'avant créent une posture qui semble avoir été travaillée à l'entraînement, maîtrisée et qui dégage une certaine réserve psychologique.
Ce qui surprend encore les spectateurs, c'est la rencontre entre les formes sculptées et les costumes authentiques. Le bronze, le tissu, le ruban et les pantoufles créent un contraste visuel qui confère à la sculpture à la fois le caractère d'un objet d'art et celui d'un témoignage social.
Regardez le menton, la bouche et l'expression figée. Degas évite toute douceur flatteuse, vous obligeant ainsi à considérer la danseuse comme un individu à part entière plutôt que comme un symbole décoratif du ballet.
Ce n'est ni un saut ni une pirouette. Degas saisit l'instant de calme qui précède le mouvement — ce genre de posture forgée par la répétition, la fatigue et la correction —, ce qui confère à la sculpture une charge émotionnelle hors du commun.
Cette sculpture évoque autant le Paris du XIXe siècle que la danse. Son costume, son langage corporel et sa jeunesse évoquent l'univers rigoureux et compétitif de l'Opéra de Paris, ainsi que les pressions sociales qui pèsent sur les jeunes danseurs.
Au lieu de figures héroïques sculptées dans du marbre poli, Degas a proposé une jeune fille de son époque, représentée avec des textures rugueuses et un réalisme troublant. Cette décision a contribué à ouvrir la voie à l'intérêt de la sculpture moderne pour les sujets ordinaires, les matériaux instables et la vérité psychologique.
Non. Elle est comprise dans le billet d'entrée au musée d'Orsay ; les billets d'accès réservé au musée d'Orsay constituent l'option la plus simple pour une visite en libre-service.
Au musée d’Orsay, 1 rue de la Légion d’Honneur, 75007 Paris, dans les salles des impressionnistes au niveau 5.
Non. L'exposition de Paris présente un moulage en bronze ; l'original de Degas avait été modelé en cire et habillé de vrais tissus, de rubans, de pantoufles et de cheveux naturels.
Les critiques ont trouvé son réalisme dérangeant. Beaucoup ont également réagi avec des préjugés de classe face à la représentation non idéalisée d'une jeune élève de ballet par Degas.
Oui. La visite guidée sans file d'attente du musée d'Orsay et la visite guidée des chefs-d'œuvre impressionnistes du musée d'Orsay apportent toutes deux un éclairage d'expert.
Oui, sans flash. Les trépieds, les perches à selfie et le matériel professionnel ne sont pas autorisés dans les galeries.
Venez nous rendre visite lors de l'inauguration ou jeudi soir. Le niveau 5 est le plus fréquenté de la fin de la matinée jusqu'au milieu de l'après-midi.
Oui. Le musée dispose d'ascenseurs, de toilettes accessibles aux personnes à mobilité réduite et de fauteuils roulants disponibles sur demande, sur présentation d'une pièce d'identité.
Billets d'accès horodaté au Musée d'Orsay
Combo (Réduction de 15 %) : Billets pour le Musée d'Orsay et la croisière sur la Seine
Combo (Réduction de 12 %) : Billets pour le musée d'Orsay avec audioguide + musée de l'Orangerie
Combo (Réduction de 15 %) : Billets coupe-file pour le Musée Rodin + Musée d'Orsay avec audioguide